Demon’s Souls Remake: le glorieux retour

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La série des Souls est bien connue des joueurs, même ceux qui ne s’y sont jamais confrontés connaissent la difficulté et l’exigence de ces die and retry, toujours copiés mais jamais égalés. From Software, le studio diabolique à l’origine de la série, avait prévenu les joueurs malgré leur réclamation : « non, il n’y aura pas de remastered ou de remake sur PlayStation 4. » C’est donc sur la console next-gen de Sony que revient le tout premier jeu de cette saga. Longue et âpre fut l’attente avec une question qui taraudait l’esprit : la magie opère-t-elle toujours dix ans après le premier opus ?

Le royaume de Boletaria, encore plus sublime sur PS5
La séduction du côté obscur

Ce remake met directement dans l’ambiance grâce à l’opening fidèle à l’original, copié plan par plan : le jeu se veut diablement beau et ne change presque rien. La toute première surprise que réserve ce soft se trouve dans l’éditeur de personnage : nous avons enfin la possibilité d’avoir un personnage qui ne ressemble pas à une patate ou à une création en pâte à modeler d’un enfant en bas âge. Que ce soit la forme des iris ou bien encore la dentition, les options de personnalisation de l’avatar sont très variées, avec la possibilité de choix entre dix classes avec ses forces et faiblesses. Après cela, direction le tutoriel. Dès les premières secondes, l’ambiance lourde et malsaine se fait ressentir, ce prologue mortel a pour scène les ruines d’un château habitées par un démon et ses séides. L’atmosphère se fait de plus en lourde à chaque pas, chaque bruit interroge sur la possibilité d’un combat à venir. La tension est palpable et il n’est pas rare d’avoir des nœuds au ventre en anticipant les prochaines batailles.

Au service de l’Ancien

Pour rappel, l’Ancien, une créature scellée par les sentinelles, s’est réveillée et a répandu une brume maléfique sur tout le royaume de Boletaria, privant ses habitants de toute humanité et les rendant complètement fous. Le but est donc de remédier à cette situation, en acquérant de la puissance avant d’affronter le monstre. Pour rendre le récit réaliste, un soin particulier a été apporté sur les divers détails, même le plus insignifiant objet est travaillé pour le rendre criant de vérité. Mais cela ne s’arrête pas là, les pnj rencontrés possèdent des animations faciales très réussies ainsi qu’un doublage français des plus convaincants. L’animation des combats se veut aussi plus fluides même si le délai d’action n’a pas changé. Les bruitages participent aussi à cela et c’est non sans appréhension que se fait le trajet dans de sordides marais ou dans une prison hantée par des monstres ressemblant à Cthullu avec le cri des pauvres hères dans leur cellule.

Un lieu des plus angoissants: la tour de Latria
Du nouveau chez l’Ancien

Bien que le jeu conserve ses atouts d’origine, comme la possibilité de commencer par le monde souhaité ou encore la diversité des armes, de petits ajouts ont été glissés, certains ayant déjà été évoqués. Le jeu profite timidement des fonctionnalités de la PlayStation 5 mais cela est est largement suffisant. La tension de la corde pour un arc se fait ressentir et demande d’avoir des doigts musclés pour le tir en rafale. Les secousses provoquées par un ennemi imposant sautant sur le personnage seront plus ou moins intenses selon la masse mais aussi selon la distance. L’interface a subi un lifting afin de simplifier la lecture de la tendance des mondes. Les armes possèdent désormais une jauge montrant leur usure au fur et à mesure de leurs utilisations. Sans compter le détail qui change tout : le poids des herbes. Toutefois quelques problèmes subsistent : la caméra se plaçant en mode fps quand le personnage est dos à un mur ainsi que des glitches modifiant vraiment l’expérience de jeu. Mis à part cela, Demon’s Souls ne souffre d’aucun défaut. Même si les patterns des boss n’ont pas été modifiés, ils sont redoutablement efficaces. Le Dieu-Dragon n’en possède que deux mais ils sont largement suffisant pour éliminer en un coup tout importun.

Le jeu du démon

Le studio Bluepoint, à l’origine de nombreux remastered comme celui de Shadow of the Colossus sur PS4, signe une fois de plus une œuvre maîtrisée de bout en bout, fidèle à l’originale tout en introduisant quelques originalités dont une porte cachant un secret réservé aux hardcore gamers. L’ambiance et l’atmosphère, clefs de voûte du titre, sont retranscrites afin de faire vibrer les nouveaux joueurs comme les anciens. Le jeu ne souffre d’aucun défaut, même les temps de chargement ne sont plus un problème, environ 3 secondes pour passer d’une zone à l’autre. C’est donc un vrai plaisir. Les soucis technique n’handicapent pas réellement et n’ont qu’un impact très limité. En cherchant vraiment, on peut lui reprocher que les joueurs se faisant invoqués sont trop rares, mais cela n’est pas vraiment dû au titre mais plutôt aux joueurs préférant joueur en solo ou en étant en privé avec leurs amis. Sa note : 19/20, même si le jeu n’est pas réservé aux novices, ce qui le rend assez clivant.

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