The Dark Pictures Anthology : un deuxième opus sensationnel

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Little Hope est le deuxième des huit jeux prévus de la série The Dark Pictures Anthology. Sorti le 30 octobre sur PC, PS4 et XboxOne au prix de 34 francs suisses, ce titre nous emmène dans une histoire horrifique à travers laquelle nos actions influencent le cours du récit.

Dans les coulisses

La série, The Dark Pictures Anthology, est développée par Supermassive Game, notamment connu pour avoir réalisé en 2015, le jeu interactif d’horreur Until Dawn. Le premier opus, Man of Medan, est né d’un partenariat entre Supermassive Game et, l’éditeur, Bandai Namco Games. D’ailleurs, une partie de l’équipe ayant travaillé sur Until Dawn a pris part à ce projet qui se prolongera sur huit opus autonomes qui exploreront chacun différents thèmes et genres d’horreur.

The Dark Pictures Anthology nous offrent trois manières différentes d’aborder l’histoire. La première, en solo, nous permet d’alterner aléatoirement entre tous les personnages. Le même système est en place pour le mode coopératif en ligne à deux joueurs. Mais il est également possible de jouer avec quatre amis sur le même canapé, chacun contrôlant un personnage différent.

Des histoires qui font froid dans le dos

Alors que Man of Medan nous emmenait au cœur de l’océan Pacifique pour y explorer l’épave d’un bateau datant de la Seconde Guerre Mondiale, Little Hope nous fait découvrir une petite ville américaine tristement célèbre pour ses chasses aux sorcières datant du XVIIe siècle. Cinq personnages se retrouvent coincés par la brume et n’ont d’autre choix que de découvrir la terrible histoire que cache cette ville abandonnée. Des visions du passé, des apparitions maléfiques et des créatures monstrueuses sont au rendez-vous pour nous procurer sensations, frissons et interrogations.

L’histoire – comptez environ cinq heures pour en venir à bout – est terriblement bien pensée. Elle nous happe dès le départ ; il est alors difficile de quitter la partie avant d’en connaître la fin… ou les différentes fins, car chaque jeu de cette série en compte plusieurs. Difficile de savoir combien. Pour ma part, avec ce deuxième titre, j’en ai vécu trois : une bonne, une mauvaise et une intermédiaire. Dans un cas comme dans l’autre, la finalité reste la même et c’est d’ailleurs ce point que je souhaite souligner. En effet, sans vous spoiler, la conclusion finale est tout simplement hallucinante. Bien malin est celui qui l’aura vu venir.

Nos actions comptent

The Dark Pictures Anthology se base sur un système similaire aux livres dont vous êtes le héros, mais à la différence qu’il s’agit d’un film d’horreur. Toutes nos actions sont importantes. Elles jouent un rôle sur le scénario, la conclusion, mais également sur les relations entre les différents personnages. Nous jonglons entre des cinématiques, des dialogues dans lesquels nous devons choisir entre deux réactions possibles, mais aussi des séquences d’action en QTE qui, si elles sont manquées, peuvent être fatales aux personnages.

Bien entendu, il s’agit aussi d’un jeu d’exploration. Il est alors d’une importance capitale de bien fouiller chaque zone et d’y trouver les nombreux indices nous réservant bien des surprises. Treize images sont à trouver. Chacune d’elle nous montre une vision qui peut s’avérer très utile. Cinquante secrets doivent également être collectionnés ; ils nous donnent quant à eux des indices concernant l’histoire de cette ville fantôme. À chaque nouvelle partie, alors que les trajectoires et les relations entre personnages changent, ces images et ces secrets demeurent dans notre collection ; il nous reste alors plus qu’à la compléter. Toutefois, après trois tentatives, je n’ai pas réussi à collectionner la totalité de ces indices. Ils sont trop bien cachés, les choix que nous prenons nous empêchent parfois de les trouver et, d’autres fois, une action QTE manquée nous ôte la possibilité de tomber dessus.

Le fil rouge

Comme lors du premier opus, le narrateur, ou plutôt le témoin, dont la voix française n’est autre que celle de Morgan Freeman, nous guide à travers différentes séquences. Il n’est que le conteur, car ce sont les joueurs qui influencent l’histoire. Il ne manque d’ailleurs pas de rappeler qu’il existe « un nombre infini de directions dans lesquelles on peut voyager ». « Soyez loyal avec vous-même », nous précise-t-il encore. À plusieurs reprises, le témoin nous narre la sagesse de grands conteurs d’histoires. Il s’agit là plus une manière de donner de la profondeur à ce personnage que de nous transmettre de véritables indices. Cela étant dit, ces séquences restent intéressantes et nous rappellent l’importance de nos actes sur la suite de l’histoire.  

Quelques points noirs

Si l’ambiance sonore est au rendez-vous, avec des mélodies et musiques de fond très plaisantes, du côté visuel, je suis mitigée. Alors que, par exemple, les traits des visages sont très bien dessinés, d’autres détails manquent cruellement de réalisme, comme certains éléments de décors tels que les arbres ou encore le sol. Sans oublier le déplacement des protagonistes qui ne m’a pas convaincu.

En parlant de la prise en main, cette dernière s’avère régulièrement catastrophique. Les personnages se bloquent facilement dans un angle ou continuent leur chemin tout droit alors que nous souhaitons tourner ou s’arrêter pour découvrir un indice. Les actions QTE sont, elles-aussi, difficile à gérer, notamment au début. Une explication s’affiche, mais disparaît rapidement, nous laissant à notre sort.

Outre la prise en main qui n’est pas des plus plaisante, quelques autres défauts viennent entacher ce titre. Certains dialogues sont coupés sans raison, d’autres passent d’un coup en anglais. Parfois le son se coupe littéralement et les mouvements de bouches sont régulièrement décalés par rapport aux dialogues. J’ai aussi vécu plusieurs plantages : le jeu qui fige.

Conclusion

Pour avoir joué aux deux premiers titres de cette série, je reconnais que j’ai été nettement plus attirée par l’histoire de Little Hope. Celle-ci est plus sensationnelle à mon goût. Malgré quelques points négatifs, notamment au niveau de la prise en main et de quelques erreurs, j’ai été séduite par ce deuxième opus. J’ai d’ailleurs eu beaucoup de plaisir à le recommencer plusieurs fois. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Dès les premières secondes intrigantes à la conclusion totalement surprenante, j’ai tout simplement adoré. Le mode coopération en ligne est également très intéressant puisqu’il permet de vivre l’histoire de deux manières différentes et, surtout, de partager ses ressentis, ses doutes et ses peurs. La fin du jeu nous propose de découvrir le troisième titre de la saga Dark Pictures Anthology qui se déroulera dans le désert d’Arabie. Mais je ne vous en dis pas plus, il faudra attendre la fin du générique de Little Hope pour le découvrir.

Mais revenons à ce deuxième titre… Je lui donne la note de 17/20 et je conseille vivement à tous les amateurs du genre horreur de s’essayer à ce jeu.

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