Crash Bandicoot 4 : il était temps !

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L’un des héros préférés de notre enfance est enfin de retour : Crash Bandicoot. Le quatrième épisode – It’s About Time et, en effet, il était vraiment temps – est sorti le 2 octobre dernier sur PS4 et Xbox One au prix de 80 francs. Il a été développé par le studio Toys for Bob (Spyro ou Skylanders) et édité par Activision.  

Crash for ever

Le marsupial créé par Naughty Dog en 1996 est encore dans le souvenir d’un bon nombre de joueurs. Le jeu de plateforme a connu deux suites signées par Naughty Dog, mais également de nombreux jeux dérivés et spin-off développés par d’autres maisons. Il existe plus d’une dizaine de titres faisant honneur à Crash, dont notamment des jeux de plateformes, mais également de course, d’action-aventure et même un party game. Il aura fallu tout de même attendre vingt-deux ans avant d’obtenir une suite fidèle au troisième opus.

« – Dis Cortex, tu veux faire quoi cette nuit ?

– La même chose que chaque nuit, Minus : tenter de conquérir le monde ! »

Les adeptes reconnaîtront sans hésitation ce dialogue issu du générique du célèbre dessin animé, Minus et Cortex, paru pour la première fois en 1995. Ces paroles sont parfaitement adaptées à la licence Crash Bandicoot, puisque le Docteur Neo Cortex, grand vilain, a le même objectif que ces deux souris cobayes. Après s’être échappé de la prison interdimentionnelle dans laquelle il était retenu à la fin du troisième opus, le Docteur Neo Cortex décide de semer la pagaille et de conquérir les différentes dimensions. Crash doit alors l’arrêter.

Les personnages

Est-il encore nécessaire de présenter Crash ? Originaire des îles Wumpa et amateur de yoyo, il est muet, bourré d’humour et apprécie grandement les fruits Wumpa. Comme ses compères, il n’a pas pris une ride. Crash est encore une fois accompagné du masque vaudou, Aku Aku, ainsi que par sa sœur, Coco Bandicoot. Mais ce quatrième opus signe aussi le retour de Tawna, sa petite amie apparue uniquement dans le premier titre. Son design jugé trop sexy pour le jeune public, elle avait été oubliée par les développeurs, jusqu’à aujourd’hui. Du côté des alliés, nous retrouvons également Polar, le petit ours polaire ainsi que quatre nouveaux masques quantiques qui apportent chacun un pouvoir spécifique.

Crash Bandicoot n’existerait pas sans ses ennemis dont notamment son créateur, Néo Cortex, le scientifique fou. Dans sa maléfique quête, il est aidé par son vieil ami, le Docteur Nefarious Tropy  ainsi que par Uka Uka, le jumeau diabolique d’Aku Aku. On redécouvre aussi Dingodile, création et sbire de Cortex, le Docteur N. Gin, quatrième boss du deuxième et troisième opus ou encore le Docteur Nitrus Brio qui change de camp comme de veste.

Du côté des alliés, comme celui des ennemis, de nombreux autres personnages font un caméo dans ce nouveau titre plein de promesses.   

Un gameplay fidèle

Maintenant que la trame est posée et que les personnages nous sont remémorés, parlons du gameplay. Ce quatrième opus est extrêmement fidèle à ses prédécesseurs et toujours aussi drôle. Crash dispose encore des mêmes fonctionnalités et se veut tant à l’aise au sol, avec sa capacité de tourbillonner, que dans les airs, avec son agilité à sauter d’un obstacle à l’autre. Le jeu nous propose les mêmes styles de niveaux en 2D et 3D, des courses nerveuses avec la caméra placée devant le héros, des combats avec des boss ou encore des niveaux cachés. Nous retrouvons donc tout ce qui a fait la réussite de la série, mais également ses quelques défauts comme les problèmes de perspectives qui nous font facilement perdre des vies. Bien qu’une indication ait été ajoutée afin de nous montrer à quel endroit notre personnage va atterrir après un saut, il est aisé de tomber dans le vide ou d’atterrir involontairement sur une caisse de nitro.

Comme toujours, la difficulté est au rendez-vous et les vies perdues sont nombreuses. C’est ce qui a toujours fait la beauté de Crash Bandicoot et ce quatrième opus ne déroge pas à la règle ; il est peut-être même encore un cran au-dessus. Il est alors nécessaire de recommencer plusieurs, voire de nombreuses fois certains passages avant de mémoriser le chemin et ses pièges.

Comme pour ses prédécesseurs, dans Crash Bandicoot 4 il nous est possible de simplement passer les niveaux sans se soucier des différents trophées à accumuler. Il faut donc compter une bonne quinzaine d’heures pour terminer le jeu. Les fans tenteront bien évidemment de platiner le titre, ce qui, ipso facto, rallongera grandement sa durée de vie. Dans chacun des niveaux, il faut récolter un certain nombre de pommes, détruire toutes les caisses, mourir au maximum trois fois et trouver la gemme cachée. Bien entendu, chaque niveau devra être rejoué en mode chrono qui nous contraint à atteindre l’arrivée en un temps donné. Autant dire que pour parvenir à remplir toutes ces conditions, il faut s’armer de patience… de beaucoup de patience.

Quelques nouveautés

Ce quatrième opus, bien qu’extrêmement fidèles aux autres, apportent plusieurs nouveautés qui sont sympathiques sans vraiment être transcendantes.

Tout d’abord, dès le début du jeu, deux options sont disponibles : le mode rétro qui nous oblige à recommencer le niveau du début lorsque nous avons épuisés toutes nos vies et le mode moderne qui nous permet de repartir automatiquement au dernier point de passage.

Alors qu’habituellement seulement deux personnages sont jouables, le héros et sa sœur, ce titre nous permet d’incarner cinq personnages : Crash, Coco, Tawna, Cortex et Dingodile.

Il y a des niveaux à part nommés « Flashback » qui peuvent être débloqués en collectionnant des cassettes disséminées dans le jeu de base. Il s’agit de parcours en 2D dans lesquels nous devons sauter d’une caisse à l’autre, sans en oublier au passage et sans tomber dans le vide.

Un autre mode, « N.Versé » nous permet de rejouer chaque niveau, mais ces derniers sont inversés, comme un miroir, et ils se passent dans le noir.

Compétitif et coopératif

Ce titre dispose de modes tant compétitifs que coopératifs. En effet, « Pass N. Play » permet de jouer de deux à quatre joueurs en local afin de progresser en groupe à travers la campagne. À chaque mort, checkpoint ou les deux, je joueur doit faire tourner la manette. Rien d’innovant, c’est même bateau dans le sens où il n’est pas nécessaire qu’un message s’affiche sur l’écran pour passer la manette à son voisin.

En revanche, un point intéressant : la possibilité d’affronter ses amis en local jusqu’à quatre joueurs également lors de courses (des courses qui se déroulent dans les différents niveaux de la campagne). Avec la première, « Checkpoint Race », il faut terminer le niveau plus vite que ses collègues. La seconde, « Crate Combo » demande de détruire un maximum de caisses.

Un environnement époustouflant

J’ai gardé le meilleur pour la fin : les graphismes. C’est sans doute l’un des points les plus spectaculaires du jeu. La série a toujours été séduisante. Même le premier opus faisait plaisir à voir, au vu des capacités de l’époque. L’avancée des technologies a permis aux développeurs de créer un titre sans aucun doute sublime, à l’aide de Unreal Engine 4. Toujours aussi coloré, Crash Bandicoot 4 est propre, net et extrêmement plaisant visuellement. Des différents environnements traversés composés d’une multitude de détails aux animations des personnages, le titre se révèle être tout simplement graphiquement parfait.

Notons au passage que l’histoire composée de différentes dimensions permet de s’amuser sur des terrains plus que variés. Entre la forêt, les marais ou encore la ville et le désert, la diversité des biomes est particulièrement plaisante et nous replonge dans les meilleurs souvenirs que nous avons de la série Crash Bandicoot.

Conclusion: 19/20

Honnêtement, il est difficile de trouver des points noirs à Crash Bandicoot 4, tant la réalisation est fidèle et finement travaillée. L’histoire, les personnages, les biomes, l’humour ou même la difficulté ne peut que nous faire voyager dans le passé. C’est comme une odeur ou un goût oublié depuis longtemps et que nous redécouvrons subitement, mais qui est encore meilleur que dans nos souvenirs.

Bien entendu, quelques défauts sont à relever. Comme le manque de précision au niveau des perspectives. Ce n’est toutefois pas un défaut majeur et nous passons rapidement sur ce détail qui, finalement, ajoutait et ajoute toujours de la difficulté. Je regrette toutefois que le jeu ne nous emmène pas sur le dos d’animaux pour des courses endiablées comme dans le troisième opus. Finalement, bien que le mode « Pass. N. Play » soit, à mon avis, parfaitement inutile, je n’en tiens pas rigueur aux développeurs qui ont essayé d’amener des nouveautés. Mais Crash Bandicoot n’a pas besoin de fioritures, puisqu’il se suffit largement à lui-même.  

Hormis ces quelques points, Crash Bandicoot 4 est et restera à jamais gravé dans ma mémoire. Je lui donne donc la note de 19/20. Le plaisir est immense et ma volonté de platiner le jeu en dit long sur sa qualité. Espérons qu’il ne faille plus attendre aussi longtemps avant de goûter au plaisir offert par ce marsupial déjanté !

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