Lost Ember : ou comment s’égarer en territoire connu

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Le jeu a été testé sur Switch.

Nombre de jeux se targuent d’être des expériences uniques et fascinantes, tel Journey. Lost Ember appartient à cette catégorie par sa narration mais aussi par son gameplay et son univers. Notre personnage, une louve, part à la recherche de la Cité de la Lumière en traversant les souvenirs de son ancienne vie d’humaine. Elle est accompagnée tout au long de son voyage par une boule lumineuse, censée être son guide.

Une patte graphique soignée

Monet a peint « Impression, Soleil Levant », Degas a quant à lui réalisé, « Les Danseuses Bleues » et Mooneye Studio a créé « Lost Ember ». Bien que le titre soit un jeu vidéo, son graphisme est inspiré du mouvement impressionniste. Les formes et les couleurs sont apposées par touche comme le ferait un artiste sur sa toile, ajoutant point par point la peinture afin de donner vie à son œuvre. De son côté, Lost Ember fait fort, et bien que certains passages soient en deçà, la qualité générale reste belle, surtout pour un jeu sur Switch. Comparativement, Lost Ember est juste un tout petit moins beau que Zelda Breath of The Wild. Ce manque est dû à la non prise en charge des éclairages dynamiques ou par le manque de reflets sur des surfaces qui devraient normalement réfléchir une image ou la lumière du soleil. Néanmoins, le jeu reste visuellement très agréable, et les divers décors ne cesseront de nous enchanter.

Un des premiers lieux du jeu
Qui suis-je ?

Notre personnage est une louve ayant perdu les souvenirs de son ancienne vie, et elle va essayer de les retrouver pour savoir pourquoi elle n’a pas rejoint la Cité de la Lumière, comme son peuple. La route est souvent inaccessible et c’est là qu’intervient son pouvoir, celui d’être une marcheuse d’âmes : la louve prend possession des animaux à proximité afin de pouvoir continuer son périple. Par cette astuce, le gameplay se diversifie et donne au joueur de nouvelles possibilités. Le wombat permet de passer dans des espaces assez étroits et peut rouler en boule, tandis que la chèvre peut marcher sur des parois fortement inclinées. Cependant, le tour des animaux jouables est vite réalisé. Le jeu est assez linéaire et donc par ce bais n’a qu’une seule solution pour chaque passage. Bien que les lieux visités soient assez grands, le jeu ne propose aucune alternative quant à la marche à suivre pour passer d’un endroit à un autre.

De l’espace à combler

Lost Ember est composé de plusieurs lieux assez vastes, que ce soit des plaines ou bien encore des cités en ruine. Cependant, le titre manque cruellement de vie quand on se met à l’explorer. À part les quelques animaux nécessaires à la progression, rien ne vient perturber le joueur. Pour rendre le jeu un peu plus long, on peut partir à la recherche des artefacts et des champignons dissimulés un peu partout. Ces activités annexes ne servent strictement à rien, et compléter une série de champignons ou trouver les 77 artefacts du jeu ne débloquent rien, autant faire l’impasse dessus. Ainsi, il faut se contenter d’aller de souvenirs en souvenirs afin de reconstituer l’histoire de notre personnage. Et là encore, des longueurs s’installent. Selon les passages, la distance séparant les différentes mémoires devient complètement abusée, laissant l’ennui prendre place. Vient se greffer à cela divers bugs plus ou moins importants : une caméra qui se place mal, un espace nous faisant tomber sous la map en boucle et d’autres réjouissances. Lost Ember s’échoue donc sur un amas de problèmes techniques. Pour sauver les meubles, la musique accompagne les actions de manière très discrète, et cela a du bon, puisqu’elle appelle à l’apaisement après avoir ragé pendant des heures sur un passage d’une grande simplicité.

Une des multiples transformations
Perte de trajectoire

Lost Ember invite le joueur à vivre une aventure narrative, et c’est un pari gagné. Cependant, de nombreux problèmes gâchent cette peinture. Que ce soit le vide caractérisant le jeu, les bugs ou bien les collections ne servant à rien ; l’impression d’errer se renforce d’heure en heure. Même si l’histoire, les graphismes et la musique rattrapent de justesse le tout, il faut tout de même faire face à l’ennui en progressant dans l’aventure. Le jeu se termine assez rapidement, entre 5 et 10 heures pour ceux qui voudraient tout compléter. Le jeu est trop cher pour l’expérience proposée ; il vous en coûtera 30€ si malgré tout Lost Ember vous tente. Ma note est sans appel, je lui donne un 8/20. Lost Ember, sans les bugs rencontrés, vaudrait 14/20.

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