Relicta, de l’attraction à la répulsion

 1,627 

Prenez donc la première navette spatiale en direction de la lune et rejoignez-moi pour résoudre les problèmes magnétiques de Relicta. Ce puzzle-game à la première personne donnera bien du fil à retordre aux amateurs de physique plus ou moins complexe car, comme vous l’aurez compris, la manipulation des champs magnétiques sera votre alliée pour avancer dans l’aventure. Découvrons ensemble si le soft est assez convaincant pour justifier son ajout dans une ludothèque.

L’appel du vide

2120, la lune partiellement terraformée. Vous incarnez Patel, une scientifique débarquée depuis deux ans sur le satellite. Entre deux recherches, vous découvrez le relicta, une sorte de boule d’origine inconnue. Et là, votre fille arrive pour vous prêter main forte. Cependant des événements inattendus vont se produire, empêchant vos retrouvailles. Ce type de scénario a déjà été vu et revu, ce qui donne l’impression d’un manque d’idée dans le renouvellement scénaristique. La progression se faisant, vous aurez droit à des échanges radio avec votre fille ainsi qu’avec votre équipe qui a bien des soucis. Là encore, le cruel manque d’inspiration se fait ressentir ; l’habitude des scenarii catastrophes permettra d’anticiper les différentes phases de dialogue. Relicta ne brille donc pas par son histoire des plus insipides.

Le relicta au centre le del’aventure
Vers de nouvelles hauteurs

Le titre décolle vraiment pour ce qui est des casse-têtes. Les premiers restent basiques mais se complexifient très vite afin de donner du challenge. Être méthodique est votre planche de salut, et avant de déplacer un quelconque cube ou de changer la polarité d’un élément, il faut mener une réflexion assez poussée. Rien n’est laissé au hasard dans la résolution des énigmes proposées, il n’est donc pas rare de passer de longs moments pour comprendre les mécanismes qui vous font progresser. Mais comme sur la lune, Relicta possède aussi une face cachée. Les mécaniques avancées ne sont pas introduites. La logique, l’observation et la curiosité sont de rigueur pour arriver à notre but. La force d’inertie sert parfois, mais aucun puzzle présente cela ; c’est un peu par hasard que se fait la découverte de ce principe. La rigueur scientifique est donc de mise, mais le manque d’information rend le jeu parfois trop difficile.

Je t’aime, moi non plus

Le jeu tourne bien, pas de ralentissement, ni de bug. Et cerise sur le gâteau, le rendu est beau. Il est donc assez agréable de déambuler sur la lune. Notre personnage se déplace donc d’énigmes en énigmes, cependant il lui est impossible de sortir du chemin, des murs invisibles limitent l’exploration. Là encore, le jeu est sous-exploité. En faisant exception des dialogues et des cinématiques, l’ambiance sonore est inexistante. Aucun son ou aucune musique ne vient déranger le raisonnement. Et c’est pareil lorsque Patel se déplace : notre scientifique ne rencontre personne. Pire encore, les dialogues, même ceux qui devraient être en visioconférence, restent fixes. La raison invoquée ? Il faut économiser de la bande passante afin de faire fonctionner tous les systèmes. Petit rappel, le jeu se déroule en 2120, l’homme a trouvé un moyen de conquérir les étoiles, mais il n’est toujours pas foutu d’avoir une connexion stable et illimitée…

Une promenade en forêt ? Non impossible !
Un rapport de force équilibrée

Relicta est à l’image des forces que le jeu met en œuvre, ainsi il est attiré par la complexité de ses énigmes, mais il repousse le joueur qui cherche une expérience narrative. Un équilibre, certes très simple, mais bien pensé se crée. Les contrastes se ressentent fortement, alternant toujours d’un extrême à l’autre, même dans les décors puisque Patel passera tant d’un glacier à un désert. Relicta n’est ni bon, ni mauvais et offre un tout se situant entre les deux extrêmes. Le côté équivoque du soft ne lui rend en rien service. Relicta est comme un plat de cuisine à moitié réussi, un fumet agréable, mais un goût passable. En faisant la balance, on ne peut mettre qu’un 10/20, une note entre deux pour un jeu qui l’est tout autant.

Add Comment