Une balle dans le pied pour Rocket Arena ?

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Sorti le 14 juillet sur PC, PS4 et Xbox, Rocket Arena est le nouveau TPS développé par Final Strike Games et édité par Electronic Arts. Si, au premier abord, le titre semble alléchant, il devient rapidement peu convaincant. Il est comparable à un diamant brut qui mérite d’être taillé pour révéler sa splendeur.

Un concept original

Lorsque j’ai découvert la bande annonce de Rocket Arena, j’ai été tout de suite enthousiaste. En effet, le jeu se veut intéressant puisqu’il ne s’agit pas d’un TPS traditionnel teinté de sang, mais fait d’affrontements originaux dont le but est d’éjecter ses adversaires de l’arène avec des roquettes.

Quatre modes de jeu en PvP, dans lesquels deux équipes constituées chacune de trois joueurs, sont disponibles. Le premier est un simple « KO ». Il y a ensuite « Balle-Roquette » dont l’objectif est de récupérer un ballon et de marquer dans le but adverse. « Mega Roquette », quant à lui, est similaire à de la domination : une roquette s’écrase sur l’arène, le but est de capturer la zone. Finalement, il y a les parties « Chasse au trésor » où d’un côté il faut récupérer et défendre un coffre et, de l’autre, des pièces doivent être amassées afin de marquer le plus de points possibles. Un dernier mode est à la carte, mais cette fois-ci il s’agit de parties en PvE dans lesquelles trois joueurs s’unissent contre des robots : « Attaque des Bots-Roquettes ».

Envole-toi

Hormis les règles qui varient en fonction du mode sélectionné, le concept est semblable concernant le fonctionnement de base. À l’aide d’un lanceur, il faut toucher ses adversaires et, bien entendu, éviter les projectiles ennemis. À chaque tir que nous essuyons, une jauge au-dessus de notre tête se rempli. Plus elle se remplit et plus les roquettes nous projettent au loin. Lors d’un impact, lorsque notre jauge est pleine, nous sommes propulsés en dehors de l’arène. Ce qui est grisant, ce sont les combos qu’il est possible de réaliser tout en devant faire parfois preuve de sagesse en fuyant et en se cachant afin de faire baisser sa jauge.   

Un lobby décevant

Dans le lobby, nous avons le choix entre lancer des parties classées ou non. Alors que dans le premier cas, il s’agit d’une rotation aléatoire entre les modes PvP, dans le second il est possible de sélectionner soit les parties KO, soit le PvE ou alors simplement une rotation comme pour les parties classées. Cette explication détaillée me sert à partager avec vous un certain mécontentement de ma part. Car bien que le mode KO soit sympathique et, sans doute, le mieux pensé, j’ai avant tout apprécié « Mega Roquette » et « Balle-Roquette » pour leur esprit compétitif. Ce système de rotation n’est donc pas des plus plaisants. Par ailleurs, je trouve les parties en PvE parfaitement inintéressantes alors que ces dernières peuvent être sélectionnées directement.

Ce qu’il en ressort, c’est que les modes sont certainement trop nombreux pour être sélectionnés individuellement. Le fait de les grouper permet alors de trouver rapidement une partie. C’est pourtant là que le bât blesse, car il faut souvent compter plusieurs minutes d’attente avant de pouvoir débuter un match qui ne dure qu’environ cinq minutes, ce alors même que le cross-play est disponible.

Les combattants

Avant chaque partie, nous avons le choix entre dix combattants aux personnalités différentes. En effet, chacun d’entre eux disposent d’armes spécifiques qui changent grandement la stratégie à adopter en jeu. Certains héros se déplacement plus lentement. D’autres, au contraire, sont plus agiles ou encore plus rapides. Chaque combattant a deux capacités ainsi qu’une esquive commune. Là encore, ces pouvoirs sont variés et offrent un gameplay particulièrement intéressant. En prime, des artefacts viennent pimenter le jeu et permettent d’adapter chaque combattant avec son style de jeu. En somme, il y en a vraiment pour tous les goûts.

Les développeurs ajouteront un nouveau personnage chaque saison mais, en attendant, il y a largement de quoi faire avec ceux actuellement disponibles. Bien entendu, il est possible de les customiser avec différentes tenues à gagner en jouant ou en payant.

Les arènes

Parlons également des arènes. Au nombre de dix, ces dernières sont extrêmement variées, nous laissant découvrir tant une ville flottante qu’un bateau navigant au-dessus des nuages, un désert, une jungle ou encore des fonds marins. Toutefois, bien que ces environnements soient très plaisants visuellement, ils se veulent parfois mal pensés selon le mode de jeu.

Comme expliqué plus haut, le mode « KO » est sans doute le plus adapté et nous pousse à exploiter l’entier de l’arène, que ce soit au sol ou dans les airs. Tandis que « Mega Roquette », par exemple, nous force à se battre dans de petites zones encombrées, ce qui ajoute une grande difficulté au jeu. D’autant plus que les affrontements au corps à corps ne sont pas nécessairement les plus intéressants dans ce titre.   

Une balle dans le pied

Ce qui pose réellement problème dans Rocket Arena, c’est son prix. La version classique coûte 34.90 francs et l’édition mythique revient à 44.90 francs, ce qui inclut des tenues supplémentaires ainsi que des crédits pour s’offrir le « Passe explosif », un passe de combat, en d’autres termes. Mais cette somme est complètement surévaluée. Un jeu que personne ne connaît et qui doit compter sur une communauté nombreuse pour exister ne peut fonctionner à un tel prix. Sortir Rocket Arena en free-to-play aurait été nettement plus intelligent. Actuellement, il n’y a pas suffisamment de joueurs pour que les recherches de matchs se fassent rapidement. Il faut aussi relever que ce titre devient réellement intéressant en groupe, avec ses amis. Ce qui rend le défi d’autant plus compliqué avec une somme pareille.

Rocket Arena se veut sans aucun doute très compétitif. Il pourrait aisément se retrouver dans des compétitions à grande échelle. Malheureusement, ce titre n’est pas suffisamment convainquant à l’heure actuelle. Trop de modes ? Peut-être ! Une mauvaise adaptation entre les modes et les arènes ? Sûrement ! L’esthétisme prime sur la qualité du jeu lui-même. C’est dommage !  

Conclusion

Comme l’a si bien dit l’un de mes viewers sur Twitch, Yahasaki, Rocket Arena est un mélange entre Super Smash Bros (pour la barre de vie et le fait d’éjecter ses adversaires hors de l’arène), Overwatch ou Paladins (pour la domination aérienne, l’animation et le teamplay), couplé avec des mécaniques de Quake-Like (pour son gameplay).

Je me rappelle mes premiers pas dans Rocket Arena. Au tutoriel, j’arborais un grand sourire. Je me rappelle même avoir dit : « Le jeu est simple et efficace, c’est tout ce que je demande d’un TPS. » Bien que durant mes premières heures sur ce jeu j’aie été totalement séduite et emballée, également aussi par la bande son, j’ai rapidement déchanté. Je peine à croire que ce titre puisse avoir un avenir sérieux. Mais ne dit-on pas qu’il ne faut jamais dire jamais ?

Je donne donc la note de 10/20 à ce titre. Une note, encore une fois, très personnelle. Je pense que si Rocket Arena était sorti en free-to-play, je lui aurais facilement donné la note de 15/20. Mais le contenu proposé ne justifie par un tel prix.

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