Pathologic 2: le test

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Il est de ces jeux qui vous hype dès quand vous voyez la bande-annonce, Pathologic 2 en fait clairement parti. Mais est-ce justifié ? La réponse dans ce test.

Avant de commencer ce test, il faut préciser que le jeu est disponible en anglais et en russe uniquement, de plus le niveau de langage utilisé n’est pas pour le commun. Si vous n’avez pas un master de langues ou un traducteur, il sera alors très difficile de comprendre l’histoire du jeu.

C’est bon, vous êtes prêt ? Plongeons donc dans le monde de Pathologic 2. La bonne idée du jeu est de proposer 3 niveaux de difficultés avant de commencer, mais même le plus bas propose son lot de défi. Le jeu vous prévient par ailleurs que ce n’est pas un story mode.

Un bref aperçu

Pour nous donner un aperçu rapide de l’histoire, le personnage doit se rendre dans sa ville natale après avoir reçu une lettre de son père l’informant qu’il doit faire face à une situation des plus graves et que son aide est requise de toute urgence. Et dès le début nous savons que nous n’avons que 12 jours afin de sauver la ville.

La narration est au cœur de Pathologic 2 et ce ne sont pas les nombreuses discussions qui vont me faire dire le contraire. Ce sont même elles qui vous prendront le plus de temps. À travers celles-ci vous découvrirez de nombreuses aspects de la ville et apprendrez sur le personnage et sa famille. Il faut toutefois mettre un bémol à cela : les choix de dialogue sont malheureusement trop tranchés. Ce sera forcément noir ou blanc, sans aucune nuance entre les deux. Artemy pourra savoir par ailleurs quelles sont les personnes à qui il peut adresser la parole en utilisant un sixième sens qui les met en surbrillance. L’idée est certes bonne mais en pratique ce n’est que perte de temps puisque la plupart n’auront rien à vous dire d’intéressant. De plus, le gros plan systématique sur le visage de la personne à qui le joueur adresse la parole fait penser à un musée de cire, des émotions figées et pas forcément bien réussie. Triste constat…

Des graphismes pas vraiment à la hauteur
Les expressions faciales restent figées

La patte graphique ne rattrape pas les faux pas de l’histoire. Comprenez ici que tout les bâtiments de la ville se ressemble et il faudra sans cesse ouvrir notre carte afin de vérifier que nous sommes sur le bon chemin ou dans la bonne partie de la ville. L’intérieur des maisons laisse aussi à désirer, une décoration assez sommaire orne ces lieux : quelques meubles, des caisses et des affiches. La question est donc de savoir ce qu’on fait les graphistes d’Ice-Pick-Lodge après leur dernier jeu datant de 2013. Niveau technique, le jeu reste correct mais sans plus, les textures jouent parfois à cache-cache, d’autres fois l’effet n’est pas au rendez-vous. La texture d’un revêtement de façade fera sans doute plus penser à du plastique qu’à de la pierre par exemple.

Pour palier à tout cela, les développeurs ont inclus des cache-misères : des portes fermées ainsi que des morceaux de bois rendant inaccessible la plupart des bâtiments. On ressent vite un ennui mortel s’installer. Le studio connaissant ces défauts est allé à rajouter un système vicieux de réputation par quartier. Il ne fait pas bon mettre les pieds dans là où vous êtes détestés. Au cas où vous passeriez outre, vous devrez alors en découdre avec les habitants des dits quartiers. La mécanique étant assez sommaire, on préférera s’enfuir puisque 10 mètres après ce sera la même histoire.

Des besoins trop contraignants

Une fois toutes ces informations ingurgitées, il faudra penser au besoin de votre personnage. Ce dernier a besoin de manger, de boire, de fabriquer des décoctions pour résister à la maladie, j’en passe et des meilleurs. Chercher de la nourriture ou des ingrédients prend énormément de temps, or celui-ci manque cruellement. Pour avancer dans l’histoire, on zappera alors ces phases trop chronophages. Le temps est donc une ressource à ne pas négliger si l’on veut terminer le jeu.

Autre soucis : les sauvegardes. Si celles-ci sont automatiques au début du jeu, arrivé à un certains point, il faudra trouver des objets spécifiques pour pouvoir faire cela.

Et là encore, un point noir montre son nez : les chargements. À chaque fois que l’on sauvegarde ou que l’on ouvre une porte, on reste bloqué pendant une bonne vingtaine de seconde. Un calvaire…

Pour conclure

J’ai passé le plus clair de mon temps à m’ennuyer sur ce jeu qui semblait prometteur, avec une identité qui lui était propre. Je me suis retrouvé avec une brique de soupe périmée de quelques années. Ce ne sont pas les quelques bonnes idées pas si nombreuses du scénario qui me laisseront un souvenir impérissable. Pour ma part, je lui donnerais à peine la moyenne. Le jeu souffre de trop défauts pour avoir ne serait-ce qu’un point de plus. On a du mal à s’immerger dans l’histoire à cause de la barrière de la langue. L’aspect daté du soft aurait pu être un atout si cela s’inscrivait dans une chronologie réaliste mais étant dans une uchronie, cela n’a pas sa place.

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